Quand le destin frappe une seconde fois… Féline.

Dans la vie, il y a parfois des animaux qui semblent nous parler. Même sans rien avoir vécu ensemble, ils ont cette énergie, qui ondule au même rythme que le nôtre, au point de sentir cette osmose inexplicable. Cette ponette, elle fait partie de ces équidés qui font vibrer mon âme depuis notre première rencontre.

Féline, je l’ai connue au manège où j’ai travaillé en 2016. Elle avait été achetée non débourrée, avec son poulain. L’idée était d’éduquer Féline et l’habituer à la vie en manège, et plus tard, faire de même avec son fils (Bambi).

Hélas, le temps a filé, filé et encore filé qu’ils n’avaient encore rien fait avec eux. Féline se montrait également très sensible et montait très vite dans l’émotion. De plus, la monitrice qui avait dû s’occuper de son débourrage a finalement arrêté de travailler à l’écurie et plus personne ne prenait le temps pour eux.

Bambi et Féline (avec son licol mille fois trop grand, la pauvre), en mars 2017
Au tout début où je les avais, je n’avais pas encore eu le temps de m’occuper beaucoup d’eeux,
à l’époque ils logeaient chez une amie en attendant que je prépare ma prairie dans les ardennes belges.

Lorsque j’ai commencé à travailler là-bas, petit à petit, selon le temps que j’avais, j’ai essayé de prendre du temps pour Féline. J’ai d’abord effectué le sevrage qui n’avait toujours pas été fait, essayé de trouver des copains pour Bambi et également pour Féline. Une fois séparés, je me suis organisée pour régulièrement aller promener avec Féline. Je faisais le tour du paté de maison et je la laissais brouter sur le bas côté en milieu de balade. J’ai essayé de la manipuler un rien, tenter de prendre ses pieds (il fallait l’endormir pour les lui faire et par conséquent, le maréchal ne la parrait que rarement), essayer de mettre du matériel sur son dos… Mais ce n’était pas très fructueux à l’époque (mauvaise approche de ma part, sans doute, puis manque de régularité pour installer Féline dans une routine réconfortante, envie d’aller trop vite, etc…).

Au final, durant l’été, je me suis contentée de profiter simplement des quelques moments passés en sa compagnie, malgré les stages et le boulot. Au fil du temps, je m’attachais aussi de plus en plus à ce vilain petit canard, relativement peu appréciée à l’écurie.

Septembre 2016, je décide d’arrêter de travailler au club pour reprendre les études. Travailler là-bas n’avait rien de très enrichissant pour ma pratique équestre et le club semblait mourir à petit feu. Je quittais les chevaux là-bas avec un pincement au coeur, mais pour Féline, j’en étais sûre. J’étais persuadée qu’un jour elle me rejoindrait. Si l’occasion se présentait, je la prendrais et je lui offrirais une petite retraite bien méritée (elle devait déjà avoir une quinzaine d’années… son carnet marque qu’elle est née dans les années 90 mais le dernier chiffre a été gratté, donc impossible à dire).

À mon départ, le club a voulu la vendre 350€. Je n’ai pas réagi à l’annonce. Pour ma part, il n’était pas question de payer ce prix-là pour une ponette de cet âge et qui ne se laissait pas manipuler de surcroît. Je me disais que si elle trouvait acheteur, ce ne serait pas une mauvaise chose. Si elle tombait bien, j’aurais été heureuse pour elle. Et normalement, elle devait avoir trouver quelqu’un mais cette personne a dû se désister. Elle est resté là-bas quelques mois supplémentaires.

Février 2017, la nouvelle tombe.
L’écurie va fermer. Mon ex-patronne doit quitter les lieux dans le mois qui vient, les chevaux y compris. C’est un peu la course pour tout le monde. Mon ex-patronne avait normalement une solution, qui finalement n’en était pas une. J’ai pris des nouvelles, de temps en temps, voir où en était le déménagement, puis la vente des chevaux. Je me creusais la tête dans mon coin, réfléchir pour une solution d’hébergement pour tous ces loulous que j’ai soigné l’hiver dernier. Ma patronne voulait vendre les chevaux et les poneys en lot. Et c’était l’occasion, celle que j’avais attendue.

J’ai posé la question à ma patronne pour ce qu’il en était pour Féline. Que comptait-elle faire d’elle ? Cette pauvre ponette pratiquement jamais manipulée… Elle m’a dit qu’elle serait comprise dans le lot des poneys. Alors j’ai demandé si elle serait simplement d’accord de me la donner. Au bout du fil, ma patronne a semblé réfléchir quelques secondes avant de répondre : « Oui, pourquoi pas… et tu pourrais même prendre Bambi avec. Mais il faudrait qu’ils partent dans la semaine. »

Trois jours plus tard, je venais sur place, à l’écurie, et j’appelais un transport. Féline et Bambi sont partis le jour même chez une amie qui les aura gardés deux ou trois mois, le temps de faire ma prairie de mon côté…

Féline et moi, en juillet 2017.

Et voilà comment un simple pressentiment est devenu réalité.

Aujourd’hui, Féline donne ses pieds comme une princesse (elle est même plus patiente que les garçons !), elle se laisse longer (même fait des longues-rênes), elle se laisse facilement attraper en prairie, je la longe, je peux lui mettre un surfaix et une selle sur le dos, un bridon, un mors… On balade encore de temps en temps et je fais parfois le déménagement d’une prairie à une autre en montant les chevaux et en tenant les poneys en longe… Et je lui offre cette belle vie en prairie, que je voulais lui donner, avec son fils et des copains. ♥

Sueño : la rencontre…

Ce cheval, il est un peu entré dans ma vie comme un coup du destin. Il est arrivé là, et pouf, c’est devenu comme une évidence.

Sueño, vers l’âge de deux ans… Cette ballerine 😀

Tu veux que je te raconte une histoire ? Celle d’une incroyable rencontre entre une cavalière et un cheval dont le destin sera scellé dès les premiers instants ? Celle qui te donnera à jamais l’espoir de vivre un conte de fées pour cavalière ? Alors laisse-moi te parler de nous… Et j’espère qu’un jour, toi aussi, tu pourras vivre pareille aventure, parce que Sueño et moi, c’était comme si c’était écrit d’avance…

Tout d’abord, il faut savoir qu’en 2012, avant d’être mon cheval, Sueño était le cheval d’une amie. Elle et moi, nous nous connaissions depuis quelques mois parce que j’avais pris son autre cheval en demi-pension, Winchester un grand cheval de selle bai, avec une belle liste sur le chanfrein.

Personnellement, avant d’avoir Winchester en DP, j’avais eu une DP sur un autre cheval. Un cheval que j’avais beaucoup aimé, genre vraiment beaucoup. Le genre de coup de coeur qu’on explique pas. Ce cheval savait juste nous donner cette attention, ces regards qui donnaient l’impression d’être tout pour lui. J’avais dû arrêter car je déménageais, mais c’était avec un énorme chagrin.

Du coup, avec Winchester, tout me semblait un peu fade. Je n’ai pas retrouvé cette flamme entre nous comme j’avais eu avec le précédent. Mais ce n’est rien, ça arrive. J’ai continué, parce que je voulais continuer à monter à cheval et parce que mon amie était une proprio extra, qui me laissait carte blanche avec Winchester (disciplines, nombres de jours), chose parfois rare quand on doit logiquement partager un cheval.

En mai 2012, j’avais Winchester depuis huit mois en demi-pension. Sueño, tout juste âgé de 4 ans, était à vendre depuis un moment. D’abord parce que mon amie manquait de temps, puis d’argent… Il faut savoir qu’elle ne montait pas forcément souvent, alors Sueño était travaillé par sa monitrice. Jusqu’à ce mois-là, où elle a finit par le monter plus régulièrement… Et se rendre compte que ça ne collait pas entre eux. La vente se faisait plus pressante pour ces différentes raisons.

Faisant du covoiturage avec mon amie, elle parlait parfois de Sueño. De son manque d’attache, de l’argent qu’il lui coûtait et de ces gens qui venaient le voir et ne voulaient pas l’acheter pour le prix demandé (encore étalon à l’époque). Elle disait (pour rire) qu’elle mettrait bien Sueño sur le bord de la route et que qui veut le prenne. Alors j’ai tenté ma chance…

Mon amie avait voulu faire le débourrage de Sueño elle-même, seulement, il s’est révélé très sensible et a préféré l’envoyer chez un professionnel… Le voici, de retour aux écuries, à ses débuts avec son ancienne propriétaire. 🙂

J’ai demandé à mon amie si je pouvais tester Sueño. L’idée pour moi n’était pas de l’acheter, plutôt que j’avais en tête que, si le courant passait bien, je pouvais éventuellement le prendre en demi-pension à la place de Winchester… Le fait étant que… La séance s’est super bien passée.

De base, je suis une personne très posée (une vraie baba-cool 😀 ), calme, assez introvertie. J’ai pris mon temps pour préparer Sueño dans l’écurie, décomposé mes gestes, même chose pour le longer… Ensuite, je me suis mise en selle dans le rond de longe, puisque monsieur n’a pas vraiment de freins et que la piste là-bas était gigantesque… Une fois sur son dos, je n’ai juste « rien fait ». J’étais juste là, les rênes lâches, avec une énergie complètement éteinte ou très basse. Et Sueño marchait… Cas assez exceptionnel, le pas était vraiment une allure difficile (aujourd’hui encore, même si c’est à moindre échelle) et le moindre stress (de sa part ou de son cavalier) le faisait trottiner. Le cas typique du « cheval-éponge ».

J’ai trotté tranquillement dans le rond, puis on est sorti pour aller dans la grande piste. J’ai même tenté de galoper, mais sachant qu’il ne galopait pas souvent, je l’ai juste laissé faire et redemander le trot plus tard avec la voix. (la monitrice préférait tout savoir gérer au pas et au trot avant de galoper, y compris le travail latéral, car Sueño chauffait trop au galop. Ça me semble un peu aberrant, mais soit.)

Sueño sous la selle de la monitrice (dans une autre écurie). C’étaient les photos de son annonce de vente.
(On a recommencé le travail du début car il était fort dans le stress)

Et là, au moment de m’arrêter près de mon amie, elle m’a sorti cette phrase, de but en blanc, avec un air un peu dépitée : « Tu es certaine de ne pas pouvoir payer un box ? Parce que moi, là, je te le donne… » Elle, son mari, le gérant de l’écurie, tout le monde était d’accord pour dire que le courant était super bien passé entre nous, mieux qu’avec quiconque.

Hébétée, j’ai dit que j’allais y réfléchir, que ça méritait réflexion. Financièrement parlant, je n’étais pas sûre de pouvoir gérer, j’en avais déjà parlé avec ma mère avant (on m’avait déjà proposé un cheval à donner, quelques mois avant, mais le cheval en question avait 15 ans, en retraite depuis deux ans, qu’il aurait fallu retravailler et visiblement pas facile). Il en était ressorti que ma mère était d’accord de continuer à payer une demi-pension, mais que le reste devait venir de moi.

C’est là que le destin a (encore) parlé. Une semaine plus tard, j’apprenais que j’étais prise pour un job étudiant pour lequel j’avais postulé… Une dernière personne est venue essayer Sueño sans que ce ne soit concluant, et mon amie m’a offert Sueño quelques jours plus tard, pour mes 18 ans. ♥

Je la remercie encore du fond du coeur, sept ans après, notre relation est de plus en plus forte… Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir retrouvé ce lien unique avec un cheval et tout ça, grâce à elle, grâce à lui…

Sueño et moi, en février 2019 ♥

Et vous ? Avez-vous vécu une histoire extraordinaire avec un cheval ? 🙂 Dites-moi tout ! 😀