Sueño : la rencontre…

Ce cheval, il est un peu entré dans ma vie comme un coup du destin. Il est arrivé là, et pouf, c’est devenu comme une évidence.

Sueño, vers l’âge de deux ans… Cette ballerine 😀

Tu veux que je te raconte une histoire ? Celle d’une incroyable rencontre entre une cavalière et un cheval dont le destin sera scellé dès les premiers instants ? Celle qui te donnera à jamais l’espoir de vivre un conte de fées pour cavalière ? Alors laisse-moi te parler de nous… Et j’espère qu’un jour, toi aussi, tu pourras vivre pareille aventure, parce que Sueño et moi, c’était comme si c’était écrit d’avance…

Tout d’abord, il faut savoir qu’en 2012, avant d’être mon cheval, Sueño était le cheval d’une amie. Elle et moi, nous nous connaissions depuis quelques mois parce que j’avais pris son autre cheval en demi-pension, Winchester un grand cheval de selle bai, avec une belle liste sur le chanfrein.

Personnellement, avant d’avoir Winchester en DP, j’avais eu une DP sur un autre cheval. Un cheval que j’avais beaucoup aimé, genre vraiment beaucoup. Le genre de coup de coeur qu’on explique pas. Ce cheval savait juste nous donner cette attention, ces regards qui donnaient l’impression d’être tout pour lui. J’avais dû arrêter car je déménageais, mais c’était avec un énorme chagrin.

Du coup, avec Winchester, tout me semblait un peu fade. Je n’ai pas retrouvé cette flamme entre nous comme j’avais eu avec le précédent. Mais ce n’est rien, ça arrive. J’ai continué, parce que je voulais continuer à monter à cheval et parce que mon amie était une proprio extra, qui me laissait carte blanche avec Winchester (disciplines, nombres de jours), chose parfois rare quand on doit logiquement partager un cheval.

En mai 2012, j’avais Winchester depuis huit mois en demi-pension. Sueño, tout juste âgé de 4 ans, était à vendre depuis un moment. D’abord parce que mon amie manquait de temps, puis d’argent… Il faut savoir qu’elle ne montait pas forcément souvent, alors Sueño était travaillé par sa monitrice. Jusqu’à ce mois-là, où elle a finit par le monter plus régulièrement… Et se rendre compte que ça ne collait pas entre eux. La vente se faisait plus pressante pour ces différentes raisons.

Faisant du covoiturage avec mon amie, elle parlait parfois de Sueño. De son manque d’attache, de l’argent qu’il lui coûtait et de ces gens qui venaient le voir et ne voulaient pas l’acheter pour le prix demandé (encore étalon à l’époque). Elle disait (pour rire) qu’elle mettrait bien Sueño sur le bord de la route et que qui veut le prenne. Alors j’ai tenté ma chance…

Mon amie avait voulu faire le débourrage de Sueño elle-même, seulement, il s’est révélé très sensible et a préféré l’envoyer chez un professionnel… Le voici, de retour aux écuries, à ses débuts avec son ancienne propriétaire. 🙂

J’ai demandé à mon amie si je pouvais tester Sueño. L’idée pour moi n’était pas de l’acheter, plutôt que j’avais en tête que, si le courant passait bien, je pouvais éventuellement le prendre en demi-pension à la place de Winchester… Le fait étant que… La séance s’est super bien passée.

De base, je suis une personne très posée (une vraie baba-cool 😀 ), calme, assez introvertie. J’ai pris mon temps pour préparer Sueño dans l’écurie, décomposé mes gestes, même chose pour le longer… Ensuite, je me suis mise en selle dans le rond de longe, puisque monsieur n’a pas vraiment de freins et que la piste là-bas était gigantesque… Une fois sur son dos, je n’ai juste « rien fait ». J’étais juste là, les rênes lâches, avec une énergie complètement éteinte ou très basse. Et Sueño marchait… Cas assez exceptionnel, le pas était vraiment une allure difficile (aujourd’hui encore, même si c’est à moindre échelle) et le moindre stress (de sa part ou de son cavalier) le faisait trottiner. Le cas typique du « cheval-éponge ».

J’ai trotté tranquillement dans le rond, puis on est sorti pour aller dans la grande piste. J’ai même tenté de galoper, mais sachant qu’il ne galopait pas souvent, je l’ai juste laissé faire et redemander le trot plus tard avec la voix. (la monitrice préférait tout savoir gérer au pas et au trot avant de galoper, y compris le travail latéral, car Sueño chauffait trop au galop. Ça me semble un peu aberrant, mais soit.)

Sueño sous la selle de la monitrice (dans une autre écurie). C’étaient les photos de son annonce de vente.
(On a recommencé le travail du début car il était fort dans le stress)

Et là, au moment de m’arrêter près de mon amie, elle m’a sorti cette phrase, de but en blanc, avec un air un peu dépitée : « Tu es certaine de ne pas pouvoir payer un box ? Parce que moi, là, je te le donne… » Elle, son mari, le gérant de l’écurie, tout le monde était d’accord pour dire que le courant était super bien passé entre nous, mieux qu’avec quiconque.

Hébétée, j’ai dit que j’allais y réfléchir, que ça méritait réflexion. Financièrement parlant, je n’étais pas sûre de pouvoir gérer, j’en avais déjà parlé avec ma mère avant (on m’avait déjà proposé un cheval à donner, quelques mois avant, mais le cheval en question avait 15 ans, en retraite depuis deux ans, qu’il aurait fallu retravailler et visiblement pas facile). Il en était ressorti que ma mère était d’accord de continuer à payer une demi-pension, mais que le reste devait venir de moi.

C’est là que le destin a (encore) parlé. Une semaine plus tard, j’apprenais que j’étais prise pour un job étudiant pour lequel j’avais postulé… Une dernière personne est venue essayer Sueño sans que ce ne soit concluant, et mon amie m’a offert Sueño quelques jours plus tard, pour mes 18 ans. ♥

Je la remercie encore du fond du coeur, sept ans après, notre relation est de plus en plus forte… Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir retrouvé ce lien unique avec un cheval et tout ça, grâce à elle, grâce à lui…

Sueño et moi, en février 2019 ♥

Et vous ? Avez-vous vécu une histoire extraordinaire avec un cheval ? 🙂 Dites-moi tout ! 😀