Ce week-end du 21-22 septembre 2019, Diamand et moi avons participé à un stage dit de « bit-fitting ». Alors le bit-fitting, qu’est-ce que c’est ? Littéralement, c’est voir si le mors est approprié au cheval ou non. Alors, sur le coup, cela peut paraître anodin et vachement simpliste, mais la question est d’une réelle importance car de nombreux muscles du corps sont reliés à la tête du cheval et, in fine, à sa bouche, d’où l’importance d’un confort suffisant pour rendre notre athlète plus performant (ou simplement un cheval heureux dans sa bouche et son corps).

Pour mieux l’imaginer, voici le schéma reprenant les deux différentes chaînes musculaires liées à la langue (qui est rattachée à l’os hyoïdien, entouré en mauve). L’image vient du blog Corps équin qui en parle très bien à travers son article sur le serrage des muserolles.
https://www.corps-equin.fr/post/muserolle-locomotion
Le stage s’est déroulé aux écuries de La Picaute, lui-même organisé par The Tack Room qui a invité Laetitia Ruzzene, une personne très compétente en la matière et tout autant adorable.
Pour l’introduire, Laetitia Ruzzene est conseillère en ergonomie équestre et analyste spécialisée en embouchures et brideries. Il faut savoir que son activité est récente (et encore peu connue) et que les personnes exerçant ce métier sont une denrée rare. (Espérons qu’ils pullulent bientôt un peu plus en Europe d’ici quelques années 😉 )
Mais comment en est-elle arrivée là du coup ?

Avant d’être ergonome équestre, Laetitia travaillait dans l’ergonomie mais d’un tout autre style… l’aérospatiale et les produits de luxe. Cavalière et passionnée de chevaux, elle s’est posé des questions quant au confort du cheval et à proprement parler de l’ergonomie dans le monde de l’équitation. En réalité, il s’agit d’un des seuls sports où l’ergonomie n’existe tout simplement pas (contrairement au foot, tennis, ski et tutti quanti où tous les équipements sont longuement étudiés pour être le plus adapté possible).
Hé oui, hélas, le monde du cheval a très peu considéré la question. Les mentalités commencent à changer, notamment avec le saddlefitting qui s’impose de plus en plus, mais cela reste un point délicat, dont les cavaliers réalisent parfois peu les conséquences qu’un matériel inadapté peut enclencher (ou parfois le savent, mais n’ouvrent pas les yeux sur leur matériel ou ils sont simplement perdus sous la multitude de critères à prendre en compte, ont un budget limité, etc).
Et c’est suite avec des conversations avec Eugénie Cottereau (célèbre saddlefitteuse qui détient le blog saddlefitting.fr) que Laetitia s’est engagée sur la voie d’ergonome équestre et qu’elle s’est spécialisée en briderie (le saddlefitting l’intéressait moins). Suite à de nombreuses études, cursus et formations, elle est désormais à notre entière disposition pour nous donner ces généreux conseils.

Durant le stage, Laetitia a exposé beaucoup sujets intéressantes. Nous avons repris un bref historique de la briderie, du métier précédant celui de bit-fitter ainsi que de l’anatomie et les différents thèmes qui lui semblaient important dans le choix de son matériel.
Un peu d’histoire… 
Il faut savoir que l’évolution de l’équitation a été relativement lente. D’abord utilisé comme animal de traction, il y a très très longtemps (mais genre très très longtemps 😛 ), le cheval était guidé comme l’étaient les boeufs. C’est-à-dire, d’un anneau dans le nez… Heureusement, cette méthode était peu douloureuse pour le cheval car cette partie ne comporte pratiquement pas de nerfs (les Dieux soient loués, ouf !).
Il fallut attendre le quinzième siècle avant J-C pour avoir notre premier vrai traité d’équitation par Kikkuli (quatre tablettes et demi en écriture cunéiforme). Celle-ci relatait comment effectuer les soins des chevaux ainsi que l’entrainement idéal (d’ailleurs fort proche de l’actuel selon les dires), mais celle-ci reprenait surtout la pratique de l’attelage.
